Comment faire mémoire en design à l’ENSCI–Les Ateliers ?
Au sein des démarches de recherches mises en place par les étudiants de l’ENSCI pour l’élaboration de leurs mémoires de diplômes, et ce depuis les débuts de l’école, nous avons souvent observé l’emploi du dessin, à différents desseins. D’abord, dessiner pour observer : le dessin d’enquête, qui apparaît comme un outil privilégié de collecte de données sensibles. Ensuite, dessiner pour analyser : tracer, griffonner, schématiser : le dessin permet parfois de délier et déployer sur la feuille le processus de réflexion, qui ainsi se dévoile à son auteur-ice. Plus rare, dessiner pour supposer : le dessin prospectif, qui élabore une hypothèse, imagine une représentation ou une définition pour l’explorer. Dessiner pour énoncer, dans des mémoires où le dessin explicite un propos, en lieu et place d’un texte. Et pour finir, dessiner pour révéler, dans des démarches expérimentales où le dessin permet, par la métaphore, de faire advenir des concepts. À partir d’exemples choisis parmi les mémoires de l’ENSCI, cette exposition a pour but de visibiliser ces différents modes de recherches et de formalisations de pensées en devenir.
À partir de travaux d’enquête sur les méthodologies de mémoire, réalisés depuis trois ans par des élèves-designeuses-monitrices de l’ENSCI, cette édition prolonge une réflexion sur les manières possibles de faire mémoire en design. L’exposition donne à voir une vingtaine de mémoires réalisés sous formes dessinées, depuis une quinzaine d’années. Cinq mémoires sont particulièrement mis en avant, sous forme d’entretiens audio illustrés en dessin d’animation par Louisa Selleret : Nora Dupont, “Comment parler avec un dragon?” (CI, 2021), Aurorre Lopez, “Anonyme Gentillesse” (CI, 2020), Louise Oliveres, “Homo Festinus” (CI, 2016), Benoît Bonnemaison-Fitte, “Comment Classer l’inclassable” (CI, 2000), Sophie Pelletier, “Péyi sonjé” (DT, 2020).
Production : Louisa Selleret, élève-designeuse en CI, pilotage : Édith Hallauer, coordinatrice des mémoires CI à l’Ensci, accompagnement : Emilie Vabre, responsable de la Documentation de l’Ensci.
Le dessin comme outil d’émergence pour représenter de manière sensible un concept, une notion, qui ne se suffit ni du texte ni de l’image. Dessiner pour sous-entendre une idée, la travailler, la faire advenir comme on brosserait un portrait. Le dessin comme métaphore.
Le dessin comme outil de représentation, pour faire advenir une idée, expliciter des notions, explorer un sujet en lui donnant une définition plastique. Le dessin comme geste d’écriture.

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Le dessin comme outil de prospective, qui suggère une interprétation, teste une hypothèse, une tentative de définition d’un concept ou d’une situation inédite ou disparue. Le dessin comme geste prospectif.
Le dessin comme outil d’analyse et de considération. Saisir par le crayon, griffonner, schématiser, pour s’approprier une donnée abstraite, l’analyser par le geste, et tenter de la comprendre. Le dessin comme geste réflexif.
Le dessin comme outil d’enquête, permettant la perception et l’appréhension fine d’un terrain d’étude, la collecte et la captation de données sensibles. Le dessin comme geste perceptif.